On a tous vécu cela, ou voulu le vivre. Ce petit moment à la fois simple et compliqué. Tant de facteurs entrent en jeux. Je ressens encore tout cela, ces odeurs, ces bruits, ces sensations mêlées.
Oui j'aime cela, ce jour du mois de Décembre, souvent le dimanche où le ciel se pare de son plus beau bleu et de son froid le plus rigoureux. Un de ces dimanches hivernaux où le temps est trop beau pour se dire que l'on va rester au chaud près de la cheminée, si réconfortante soit elle. Non cela serait donné du caviar aux cochons.
Alors on mange vite, on prend la voiture, on se rend sur le bord de mer. On s'emmitoufle de plusieurs épaisseurs. Un bon pull à col roulé, une écharpe bien épaisse pour braver les courants d'air venants du large, et une bonne veste bien épaisse pour éviter de finir tout engourdi.
Dans une seconde on sera sortie de la voiture, le froid nous rongeras le visage, le soleil nous réchauffera à sa manière. Si ce n'est le corps ca sera le c½ur.
On marche, on discute, on marche, on regarde les gens, on se regarde. On aime, on aime ce temps, on aime ce lieu, on aime vivre. Le temps file mais il est arrêté le temps d'un après-midi. Le temps d'un après-midi nous n'avons plus de soucis, plus de doute. Une seule certitude, nous sommes vivants, heureux, amoureux. De son prochain et de la vie tout simplement.
On marche, le soleil rayonne comme on le souhaite chaque jour durant la longue période hivernale. Les mouettes volent au dessus des vagues qui viennent s'écraser sur le rivage. Le vent balaie la plage par rafale et nous engourdis le bout du nez, les vagues se trouvent décapiter par ces rafales et se transforment en de belles gerbes d'écume qui transforme cette mer si rafraichissante l'été en un lieu bouillonnant mais froid. Le rouge devient la couleur la plus commune sur notre pauvre visage.
On marche, on se fait téméraire, le temps passe avec plaisir, pas d'horaire. Pas de soucis. Il fait si froid, allons se réchauffer.
Et la intervient la magie de ces jours d'hiver. On s'engouffre à plaisir dans un de ces petits troquets qui ont le courage d'ouvrir leurs portes au badeaux courageux. Le temps d'un instant, ce nez engourdi se trouve réchauffé par ces effluves de café, cette chaleur humaine, une chaleur physique et morale. Une chaleur qui vous réchauffe le corps et le c½ur.
Le soleil si rayonnant se trouve légèrement bloqué et crée des coins d'ombres dans le restaurant. On s'y cache, on s'y blotti. Les gens alentours, tous ont le même bonheur accroché aux lèvres. Malgré cela on parle à voix basse, de peur de casser cette intimité si particulière.
Un chocolat bien mousseux nous arrive, les mains se collent à plaisir contre cette tasse de lait qui nous fait remonter jusqu'a notre chère enfance. Cette onctuosité nous revigore le corps, par l'intérieur cette fois, et nous laisse de délicate moustache au coin des lèvres. Un sujet supplémentaire de calembours qui rendent cette journée encore un peu plus magique.
Il est temps de quitter ce jardin d'Eden. Le froid reprend sa place, mais le bonheur est toujours bien présent. On fait le chemin en sens inverse, on se remet les pieds dans le sable, même si dans les chaussettes il est moins agréable. On fait avec, tout à fait facilement. On grimpe dans la voiture pour repartir vers notre petit chez nous. Des bruits, des odeurs, des frissons et des images plein la tête. Prêt pour repartir pour une nouvelle semaine de travail, de cours, que sais je ?
Au final, que nous à apporter cette journée? Matériellement, rien! Mais cela n'a aucune importance. Il nous a apporté une chose, du bonheur.
L'argent ne fait pas le bonheur, l'a en est la preuve.